1925 - Le Bokor & la Côte d'Opale

TITRE DE L’OUVRAGE

Le Bókor et la Côte d’Opale

SOUS-TITRE

Guide du tourisme dans le Sud du Cambodge

AUTEUR

Comité de rédaction d’Extrême-Asie

EDITEUR

Saïgon, Editions « d’Extrême-Asie », [1925 ?]. – 38 pages + p. I-XV. – Nombreuses illustrations en noir & blanc

 

Extrême-Asie, Revue indochinoise illustrée, était un périodique mensuel pour le grand public éditée en Indochine depuis les années vingt jusqu’aux années quarante. Elle était tout spécialement consacrée au tourisme dans la région, dont la mode avait été lancée en France par les premières expositions coloniales. Le numéro dont il s’agit ici est un tiré à part, publié certainement à l’occasion de l’ouverture du Bokor-Palace en février 1925. Cette livraison est dédiée au Résident Supérieur Baudoin « Animateur du moderne Cambodge » et « Fondateur de la Station climatique du Bókor ».  Voulues dès 1904 par les autorités militaires et le ministère des Colonies pour le repos des « guerriers », les stations sanitaires climatiques étaient nombreuses dans les régions montagneuses du Vietnam et du Laos, mais elles n’étaient que deux au Cambodge : la station maritime de Kép-sur-Mer (découverte en 1908), et la station d’altitude du Bokor (découverte en 1917). Il s’agissait dès l’origine d’offrir aux soldats et aux fonctionnaires, pendant la saison chaude, des conditions de températures se rapprochant le plus possible de la métropole et d’éviter ainsi des rapatriements massifs, prématurés et donc coûteux. Le Bokor, par son altitude (plus de mille mètres) et son climat (assez rude), répondait parfaitement à cet objectif. Si le guide est souvent empreint d’un lyrisme tout publicitaire (« […] parmi les sites enchanteurs ou grandioses de la Côte d’Opale nul doute que le touriste n’en vienne à apprécier plus que tous les autres centres d’excursions ce prodigieux Mont Bókor où s’harmonisent à merveille les paysages de la mer et ceux de la montagne, comme se marient dans son climat éternellement printanier les effets de l’altitude et les effluves marins.»), le ton est quelquefois plus scientifique – tout en restant poétique : « Tous les légumes de France poussent au Val d’Eméraude où coule une rivière aux eaux vives : le Chos Prom. Le service de l’Agriculture y a installé une suite de jardins suspendus absolument merveilleux : potagers et fruitiers. Les fraises et les petits pois du Bókor sont réputés et tous les légumes sont donnés en cession, à des prix défiant toute concurrence, aux deux hôtels et aux particuliers qui en font la demande. […]. ». Les photographies sont à l’avenant. L’ouvrage se termine par un « Index des Renseignements utiles sur le Tourisme au Cambodge », qui fournit les horaires et les prix des bateaux des Messageries fluviales, des Services automobiles subventionnés (6h de route entre Phnom Penh et Kép), les tarifs du Bókor-Palace, des hôtels de Phnom Penh, d’Angkor (« location d’un éléphant avec cage à deux places pour la demi-journée : 3 francs ») et du reste du Cambodge. A la précision des informations s’ajoute la saveur des réclames des annonceurs locaux, qui font aussi pour nous de ce livre un guide qui nous plonge dans un passé bien révolu.